Roumanie (09/2014)

Dans notre découverte des pays de l’Est, cap sur la Roumanie!

Pas de citytrip cette fois, on se lance à l’aventure: 2 semaines et 1 voiture de location 🙂

Notre itinéraire (en boucle) au centre de la Roumanie: Bucarest, Brașov, les Gorges du Bicaz, les monastères peints de Bucovine (*), les forteresses saxonnes de Transylvanie (*), la cité médiévale de Sighișoara (*), Sibiu, la route panoramique Transfăgăran, le monastère de Curtea de Argeș, Bucarest.

(*) sites classés au patrimoine mondial par l’UNESCO.

Comment y aller? 

Comme nous avions des bagages, nous avons préféré éviter le low-cost pour un vol Bruxelles-National – Bucarest-Otopeni avec Swiss Air, correspondance à Zurich.

Cela dit, Ryanair et Wizzair relient Charleroi et Bucarest en vol direct. Idem pour Blue Air, Tarom et Hahn Air Systems depuis Zaventem.

Les étapes

1-Bucarest-Otopeni

Récupération des valises et direction le bureau de location de voiture (nous avons choisi Autonom). On nous y propose de payer une assurance complémentaire d’environ 90€ à la place de devoir bloquer 500€ de caution sur ma carte de crédit (ce qui nous aurait bien emmerdé). C’est vendu! Il est 16h, on allume le GPS, direction Brașov, à 160 km.

2-Brașov (Kronstadt)

Brașov (prononcez Brachof) est l’une des principales villes de Transylvanie. Destination touristique incontournable: station de ski très prisée (Poiana Brașov) et carrefour pour les excursions vers la Mer noire, le delta du Danube, les Carpates, etc.

Agréable petite ville où il fait bon flâner dans les ruelles (dont la rue Ficelle, « la plus étroite d’Europe »), siroter un cocktail (à ~3,33€!) en terrasse sur la Piata Sfatului, admirer la vue depuis la colline ‘Hollywood’ Tampa…

A faire/à voir: la vieille ville, l’Eglise noire (Biserica Neagra), l’Eglise Saint-Nicolas (Biserica St-Nicolae), la citadelle & les remparts, un Free Walking Tour (rendez-vous à 18h en été/15h en hiver à côté de la fontaine sur la Piata Sfatului, le guide est habillé en orange).

Restos in-con-tour-nables à Brașov: le Sergiana et Ceasu’ Rau, tous deux du même groupe. Notre hôtel: la pension Casa Samuraï (car tenue par un Japonais…), à 2 km de la Piata Sfatului.

Un peu plus loin:

  • Le château de Bran, autrement connu comme le château de Dracula (il aurait inspiré Bram Stoker) et de Vlad III l’Empaleur (mais rien ne prouve qu’il y ait jamais mis les pieds). Ne vous attendez pas à une sombre forteresse médiévale, la reine Marie de Roumanie en avait fait sa résidence d’été. Allez-y de préférence tôt le matin ou avant la fermeture pour éviter la cohue et méfiez-vous des attrape-touristes.
  • Le château de Peleș et le château de Pelisor, à Sinaia.
  • La forteresse de Rasnov.
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Rasnov

3-Baile Tușnad

Arrêt à Baile Tusnad, petite station thermale en pays sicule. Nous logeons à l’hôtel O3Zone, qui dispose d’installations wellness fort appréciables 🙂 Et nous passons un super après-midi au lac volcanique Sfânta Ana (Sainte-Anne), unique en son genre, accessible par une route payante (~quelques euros). On est lundi 1er septembre, le temps est magnifique et nous sommes pratiquement seuls.

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4-Piatra Neamt

Direction les Gorges du Bicaz. Malheureusement, nous n’arrivons pas à nous arrêter pour en profiter: il y a beaucoup de touristes, pas de trottoir, pas de carrefour où faire demi-tour et les rares espaces pour se garer sont full ou occupés par des marchands de souvenirs ambulants…

Arrivés au lac Rose, on se gare comme on peut sur un parking improvisé payant. Le lac est petit et les flancs de colline arborés qui le bordent le rendent intimiste. Revers de la médaille: l’endroit est très, trop prisé… Les gens font la queue pour pouvoir prendre place sur une barque et partir en balade romantique. Après avoir goûté à la tranquillité du lac Sfânta Ana, l’ambiance un peu ‘parc d’attractions’ qui règne ici ne nous emballe pas. Nous retentons mollement notre chance au lac Bicaz (qui n’a hélas pas du tout le charme du lac Rose) mais la chaleur écrasante a raison de nous et nous préférons rejoindre la pension Lory dans la banlieue de Piatra Neamt et filer dans sa piscine.

Le hic, c’est qu’on est loin de tout (à 12 km de la ville) et qu’à part la piscine et les berges de la rivière Bistrita, il n’y a rien à faire. Nous allons faire un petit tour en ville mais c’est l’heure de pointe, il y a pas mal de travaux et de déviations, nous passons devant d’horribles immeubles soviétiques… On laisse rapidement tomber. Dommage car la vieille ville avait quelques attraits, notamment l’ensemble de la Cour princière. Tant pis! Retour à la pension, où la patronne nous prépare gentiment à souper au pied levé et à la bonne franquette, pour l’équivalent de 5€ (pour nous 2!).

5-Sadova

Nous laissons derrière nous les frustrations de la veille et partons pour une étape-phare de ce voyage en Roumanie: la Bucovine et ses monastères peints. Au programme pendant 3 jours: les monastères de Humor, Voronet, Moldovita et Sucevita.

Sur la route, nous croisons pas mal d’attelages. Effet film d’époque garanti! En outre, les gens d’ici soignent leur maison aux petits oignons: façades en couleur, jardinières aux fenêtres, porches d’entrée travaillés… Des monticules de foin sèchent partout au soleil. Un peu moins pittoresque: des enfants Roms qui nous suivent au son de « la moneta, la moneta! » et des chiens crasseux, qui mendient de quoi manger, mais aussi un peu d’affection.

Nous logeons à l’hôtel Dor de Munte, situé à Sadova, facilement accessible et très agréable. Mais une déception récurrente: pas de trottoir, de panneau ni de sentier = il est délicat de s’aventurer à pied sans savoir si le passage est autorisé, alors que les paysages sont tellement tentants!

6-Sighișoara (Schäßburg)

Retour en Transylvanie, dans la cité médiévale de Sighișoara (prononcez Siguichoara). Prise d’assaut par les cars de touristes pendant le jour, la cité retrouve son calme après le repas du soir. Nous profitons donc de la journée pour partir visiter les forteresses saxonnes (ou églises fortifiées de Transylvanie) alentour: Biertan et Prejmer en tête.

Nous logeons à la pension Casa Soare, à 600 m de la vieille ville. Restaurants chaudement recommandés par les locaux: l’Alte Post et la pizzeria La Perla, de part et d’autre de la place Hermann Oberth. Les établissements situés à l’intérieur des remparts sont plus touristiques, comme le restaurant Vlad Dracul, situé à l’emplacement où serait né Vlad Tepes (l’Empaleur), fils de Vlad Dracul (le Dragon).

7-Sibiu (Hermannstadt)

Cap maintenant sur la magnifique ville de Sibiu. La Grande place (Piata Mare), la Petite place (Piata Mica) et la place Albert Huet en enfilade, tout est superbement préservé. Il y a quelque chose de viennois ici. Les toits ont même des yeux! Mais c’est aussi le retour en force des enfants Roms qui mendient pieds nus à tous les coins de rue et des chiens et des chats qui (sur)vivent dans la rue…

Hébergement à la très belle pension-restaurant Cardinal, à 1 km du centre. Nos restos coup de cœur: le moderne Kulinarium sur la Piata Mica, et le folklorique Sibiul Vechi dans une cave voûtée.

8-Curtea de Argeș

On approche tout doucement de la fin du voyage. Dernière étape de choix avant le retour à Bucarest: la route panoramique Transfăgăran qui traverse les Monts Făgăraș à 2.000 m d’altitude (ouverte uniquement en été). Nous cassons la croûte à la Cabane Bâlea, sur le lac glaciaire éponyme. Ambiance mystique entre ciel et terre, brume et eau.

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Mais il fait assez frais là-haut et nous finissons par redescendre vers Curtea de Argeș, en longeant le lac Vidraru. Comme souvent, on n’aperçoit pas grand-chose car il y a très peu de points de vue aménagés et les arbres masquent le lac le long de la route. Nous dénichons un endroit où garer la voiture et descendons sur la berge. Un croisé berger allemand nous aborde avec une franchise inhabituelle (je me raidis car j’ai un peu peur des chiens et puis, il y a encore la rage en Roumanie…) et nous file carrément des coups de museau dans les mains. C’est là que surgissent du tronc d’un arbre mort 2 adorables boules de poil qui rejoignent leur mère en piaillant. Monsieur retourne dare-dare à la voiture chercher toutes nos boîtes de conserve. La chienne laisse sa progéniture s’empiffrer jusqu’à plus soif avant de finir les restes. On se retient de les caresser, histoire de ne pas les laisser croire que tous les humains sont sympas (voir plus loin).

Arrivée à Curtea de Argeș, surtout réputée pour son superbe monastère de style byzantin, aujourd’hui cathédrale et nécropole royale. Sans oublier l’église Saint-Nicolas, dont l’intérieur est recouvert de fresques datant du XIVème siècle, représentant notamment la Vierge enceinte (ce qui est assez rare).

Nuit à la Casa Domneasca, sur les hauteurs de la ville, dotée d’une piscine intérieure et d’un sauna (ça fait toujours plaisir!). Dîner en terrasse sur le boulevard Basarabilor.

Le lendemain, on prend l’autoroute (une première!) Pitești-Bucarest et on retourne rendre la voiture à l’aéroport d’Otopeni.

9-Bucarest

Depuis l’aéroport, nous prenons le bus 783 Express vers le centre-ville. Dépôt des bagages à l’hôtel Villa Barrio, à plus de 2 km du centre (ce qui était un peu trop).

Bucarest est une ville vraiment très étendue et nous n’en avons finalement vu qu’une petite partie. Ce qui nous a le plus interpellé, ce sont les personnes âgées démunies (≠ SDF âgés) qui passent la nuit sur des bancs le long du boulevard. Aussi à Bucarest, je m’étais préparée à voir encore plus de misère animale (le guide parlait de 30.000 chiens errants) mais on n’en a vu aucun: la ville venait d’achever une nouvelle campagne d’euthanasie (dans des conditions déplorables) alors que de nombreuses associations, dont la Fondation Brigitte Bardot, financent des programmes de stérilisation! 😦

Pour revenir à des choses plus joyeuses, nous visitons la ville grâce à un Free Walking Tour. Même principe qu’à Brașov: rendez-vous à 10h30 ou 18h au pied de l’horloge (près des fontaines) dans le parc Unirii (guide habillé en orange). De là, on peut d’ailleurs apercevoir l’immense palais du Parlement (350.000 m², excusez du peu!) construit sous Ceaușescu (visite à réserver à l’avance ici).

Enfin, on ne pouvait pas quitter Bucarest sans aller boire un verre/manger un bout au Hanul Manuc, ancien caravansérail et plus vieux restaurant de la ville. Sinon, les petits restos, cafés et bars à vin branchés sont légion dans le quartier situé juste derrière (autour de la rue Lipscani).

Bilan et considérations générales

Mon premier projet d’itinéraire incluait la région du Maramureș, célèbre pour ses églises en bois. J’aurais même voulu ajouter le delta du Danube mais, sur des conseils incriminant le piètre état des routes roumaines, j’ai dû prévoir plus de temps pour les trajets et donc faire des choix. Mais -ô surprise!- nous avons débarqué sur des routes fraîchement goudronnées financées par l’UE et, sur 2.000 km, j’ai compté en tout et pour tout 3 nids-de-poule. La E42 à côté, c’est le Tiers-Monde! Bref, on aurait largement pu faire le Maramureș en plus.

Autre regret: avoir réservé l’ensemble des hôtels avant le départ. Ça nous a épargné le stress de devoir systématiquement trouver un toit pour la nuit mais ça a trop rigidifié notre road-trip. A refaire, je réserverais uniquement les pensions en ville.

Enfin, on est content d’avoir vu à quoi ressemble Bucarest, mais ce n’est franchement pas un arrêt indispensable…  Pour une prochaine fois, je pense qu’on traverserait le pays d’Ouest en Est (ou vice-versa): de Timișoara à Constanta (toutes 2 ayant un aéroport), en passant par le Maramureș, Cluj-Napoca et le delta du Danube.

Pour ma part, je garde un souvenir doux-amer de ce voyage, essentiellement à cause de la condition animale: le régime communiste a contraint la population à se cloîtrer dans des appartements et à laisser ses animaux domestiques dehors, dont les descendants errent aujourd’hui dans la nature, certains avec bonheur, d’autres désœuvrés, malades, blessés ou affamés. Ça nous a fait tellement mal au cœur qu’à peine rentrés en Belgique, on filait adopter un autre chat au refuge (un chaton sourd). Et il nous le fait payer tous les jours depuis 😉

L’anglais n’est pas trop un problème en Roumanie, mais si on parle italien (ou allemand, surtout en Transylvanie), c’est encore mieux. Cela dit, user et abuser du mulțumesc (« moultsoumesc » = merci) fait toujours son petit effet 🙂

Les Roumains n’aiment pas les Roms et s’en méfient.

Dans les lieux touristiques (ex: les monastères), il y a 2 tarifs: l’entrée et le droit (optionnel) de photographier et/ou de filmer. Et parfois aussi le parking.

La Roumanie n’est pas vraiment un haut-lieu de la gastronomie végétarienne. Donc j’ai beaucoup recouru à la salade bulgare, l’une ou l’autre soupe/entrée sans viande et la combinaison d’accompagnements…

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2 réflexions sur “Roumanie (09/2014)

  1. Jocelyne Simard 4 avril 2016 / 17 h 34 min

    Bonjour Anne,

    Je viens de regarder ton document sur la Roumanie. C’est très bien fait. L’agencement des photos, les références très utiles pour toute personne qui souhaite s’y rendre. Bravo!
    Jocelyne (maman de Emmanuelle)

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    • agoraliz 4 avril 2016 / 18 h 56 min

      Merci beaucoup, Jocelyne, ça me fait très plaisir! L’article sur ma visite au Québec est en préparation 🙂

      J'aime

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