Madère

Comment y aller? 

L’archipel portugais de Madère est situé à 600 km au large des côtes marocaines et à 500 km au nord des Îles Canaries. La manière la plus simple de s’y rendre depuis la Belgique (Bruxelles) consiste à passer par Lisbonne. Si vous avez du temps, c’est l’occasion de coupler ce voyage avec un citytrip à Lisbonne (et/ou à Porto). Le vol Bruxelles-Lisbonne dure 2h45 et le vol Lisbonne-Funchal dure 1h45.

Circuler à Madère

Tous les guides de voyage vous le diront: le meilleur moyen de visiter Madère, c’est d’y louer une voiture. Avertissement: si vous ne voulez pas rester cantonné aux voies express (VE) ou à la voie rapide (VR), il vaut mieux aimer conduire et être à l’aise avec les (démarrages en) côtes! En effet, l’île est toute petite (57 km de long sur 22 km de large = 800 km²; à titre de comparaison, la province du Brabant wallon fait 1.090 km²…) mais culmine à 1.862 m (avec le Pico Ruivo), ce qui signifie qu’elle est toute en dénivelé. Si vous ne vous sentez pas à l’aise au volant, qu’à cela ne tienne: les nombreuses agences d’excursion à Funchal vous conduiront en montagne ou ailleurs sans problème. Mais si vous avez le pied automobile, réservez une voiture de location (à noter qu’il y a une agence qui collectionne les avis négatifs sur Internet, consultez les forums). Nous avons opté pour une compagnie portugaise et n’avons eu aucun problème mais, pour notre tranquillité d’esprit, nous avions pris l’assurance Omnium en supplément (+ 25€/jour), pour un total d’environ 400€ pour 6 jours (ce qui n’est pas si cher pour une île, ni comparé aux tarifs pratiqués au Portugal, d’autant que le GPS était inclus). Enfin, le carburant est cher mais on en consomme peu vu les courtes distances et la vitesse réduite (à peine 1/3 de plein pour l’itinéraire décrit ci-dessous). Et pour ceux qui se poseraient la question, on roule bien à droite 😉

Notre itinéraire

Jour 1: atterrissage à l’aéroport Cristiano Ronaldo (nous n’avons pas croisé son fameux buste raté) à 14h, prise de la voiture de location et direction l’Ouest. Arrêt au Cabo Girão, promontoire juché sur l’une des plus hautes falaises d’Europe, à 580 m de hauteur (l’une des attractions majeures de l’île). Possibilité de descendre sur la plage en téléphérique. Ensuite, second arrêt au port de plaisance de Calheta, pour repérer les lieux en vue de notre excursion en mer, prévue pour le lendemain (et finalement reportée au jour suivant en raison des conditions météo -> à prévoir lorsque vous planifiez votre itinéraire!). Enfin, arrivée à Jardim do Mar et installation à l’hôtel Jardim do Mar, qui domine ce charmant village (coup de cœur de nombreux guides et à juste titre!). L’hôtel est remarquable, la literie très confortable, le personnel adorable et le restaurant panoramique excellent! Une mini-piscine extérieure en prime pour les coups de chaud!

Jour 2: ascension vertigineuse à travers les nuages pour atteindre le plateau de Rabaçal, à 1.065 m d’altitude et entreprendre deux des randonnées les plus populaires de l’île : la levada do Risco et la levada das 25 Fontes (les levadas sont des canaux d’irrigation creusés à flanc de montagne depuis le XVème siècle; il y en a plus de 2.000 km). Nous nous garons sur le parking de la route ER110 et descendons à pied jusqu’au départ du sentier. Il fait frais et brumeux, les branches tordues sont ornementées de lichens, ambiance très Tim Burton! Malheureusement, il y a du monde sur le tracé, dont pas mal de groupes et il faut régulièrement patienter pour pouvoir passer. Solution: y aller tôt! Au retour, nous cédons aux facilités de la navette payante (3€/personne) qui nous ramène au parking. Pour ces premières randonnées, nous n’avions pas pris nos bâtons, ce que nous avons un peu regretté.

Madère Rabacal 6

Jour 3: départ en matinée, à marée basse, pour faire la randonnée reliant les villages de Jardim do Mar et de Paul do Mar. Comme il est déjà tard et qu’on a rendez-vous pour le whale-watching à 14h, on se contente de faire simplement l’aller-retour au pied des falaises. Mauvaise idée: portion de balade peu intéressante car les rochers sont tellement glissants (pelle monumentale à mon actif!) qu’on cherche principalement où poser ses pieds et qu’on ne profite pas du paysage… Après-midi, départ en mer pour observer, si on a de la chance, dauphins et baleines. Et on en a eu, de la chance: deux familles de dauphins et, au loin, un baleine (d’après le capitaine, un rorqual de Bryde de 15 m) 🙂 Moment très sympa, bateau petit mais confortable et chouette équipage (qui privilégie l’intérêt des animaux à celui des touristes 🙂 ): je recommande la compagnie OnTales, basée au port de Calheta. Pour terminer la journée, direction le phare de Ponta do Pargo, à l’extrémité Ouest de l’île, pour y admirer le coucher de soleil sur l’Atlantique (et y déposer un travelbug dans une geocache au passage 😉 ).

Jour 4: nouvelle randonnée au programme: la levada Ribeira da Janela, près de Porto Moniz (on n’a pas trouvé le départ de la levada da Central). Lampes de poche (frontales de préférence) indispensables pour traverser les tunnels. Ensuite, après l’effort, le réconfort: baignade insolite dans les piscines naturelles de Porto Moniz :-p Il y a des piscines naturelles dont l’accès est gratuit (à côté du restaurant Cachalote) mais on a testé celles qui sont payantes (1,50€/personne, face au restaurant Orca) et aménagées (vestiaires, toilettes, etc.). Attention aux coups de vagues qui s’abattent sur les murets qui séparent les bassins de la mer: c’est plus violent que ça n’en a l’air (et une gamelle de plus, une!)

Jour 5: on quitte l’Ouest pour l’Est. En chemin, visite de Funchal et de ses célèbres jardins sur les hauteurs de Monte. Les trajets en téléphérique sont chers, mais font gagner un temps potentiellement précieux pour visiter le Jardin tropical et le Jardin botanique. En soirée, on quitte la capitale pour Porto da Cruz, sur la côte Nord-Est. Installation chez l’habitant, dans une rue en pente à 25(!) degrés… (c’est le genre de rue qu’il faut descendre et ne jamais monter, mais ne comptez pas sur le GPS pour faire la différence…)

Jour 6: réveil aux petites heures, direction la Ponta São Lourenço (pointe Saint-Laurent), pour admirer le lever du soleil. On arrive un peu trop tard (on n’avait pas anticipé le temps nécessaire pour grimper au sommet de la colline), mais tant pis, on est seule pour faire la randonnée jusqu’à la pointe orientale de Madère. Prenez vos maillots: il y a une adorable petite crique en contrebas de l’ascension finale! Au retour, on croise de plus en plus de monde (ça frise l’embouteillage)… Bref, il faut vraiment faire les randonnées (du moins les plus prisées) tôt le matin pour éviter la foule! A peine remontée dans la voiture, on repère une plage de sable (rare à Madère!) bien à propos: la Prainha. Et hop, après-midi farniente B-) Ça tombe bien, le soleil tape (pour la 1ère fois depuis le début de la semaine) et l’eau est à 19°C (certes frisquet, mais pas si désagréable!).

Madère Pointe St Laurent 3

Madère Pointe St Laurent 6

Madère Pointe St Laurent 2

Jour 7: Retour à l’aéroport, à Lisbonne, puis à Bruxelles…

 

Conclusion

Madère est vraiment magnifique (« jardin flottant », « l’île aux fleurs », « la perle de l’Atlantique ») et a énormément à offrir! On pourrait facilement y passer 2 semaines (+ 1 semaine sur l’île de Porto Santo). Pour ma part, j’y retournerai pour y faire davantage de randos (notamment les plus difficiles, celles des sommets), munie cette fois du guide Rother, et en basse saison (ici, fin avril/début mai, ça allait), avec un(e) compagnon/-e de voyage conducteur(trice) chevronné(e) pour plus d’aventures. Car pour ma part, je ne me sens pas capable de négocier sereinement des côtes à 25%, dans des virages en tête d’épingle à flanc de falaise et sur des routes à peine suffisamment larges pour qu’on s’y croise… Mais bon, je ne veux pas dramatiser non plus, ce n’est que mon ressenti (sachant que j’ai un peu perdu l’habitude de conduire)…

Madère a parfois la réputation d’une destination « plan-plan » pour le 3ème âge. Bon, c’est clair, on est loin des clubs d’Ibiza, mais c’est tant mieux!!! Madère est aussi une destination familiale, et surtout une destination randos nature. Les aguerris emporteront donc le Guide Rother « Madère – Les 60 plus belles randonnées de levada et de montagne« , car le Guide du Routard n’est pas suffisant pour se lancer à l’assaut des itinéraires/levadas moins accessibles. N’oubliez pas vos bâtons, lampes de poche et des vêtements chauds et adaptés à la pluie, car les sommets ont souvent la tête dans les nuages. Cela dit, le climat y est agréable toute l’année sur la côte, ni trop chaud ni trop froid (15-25°C) mais en altitude, il fait évidemment plus froid (et humides si nuageux). En général, le temps est très changeant, surtout s’il y a du vent. Au printemps, l’eau sourd de la montagne par tous les pores (cascades en veux-tu, en voilà! 🙂 ). Enfin, il y a 1h de décalage (GMT+0), les prises de courant sont les mêmes et Madère fait évidemment partie de la zone euro.

Et pour conclure, Madère m’a aussi donné très envie d’aller découvrir les Açores! 🙂

 

Publicités