Monténégro (10/2018)

D’abord, pourquoi le Monténégro? Tout bêtement parce que ça sonnait exotique et que le billet d’avion (Ryanair) Charleroi-Podgorica était à 55€ A/R… Mais que voir et que faire dans les Balkans, terra incognita du tourisme de masse?

Pour commencer, il faut louer une voiture… J’ai choisi l’agence monténégrine (j’essaie de privilégier les agences locales plutôt que les multinationales…) Kombo Car. Nous avons déboursé 155€ + 60€ pour le GPS – la ristourne de 10% négociée par la blogueuse Anne-Laure sur son propre blog (merci à elle! 🙂 ), soit moins de 200€ la semaine pour 2 conducteurs(trices). L’agence n’a pas de bureau à l’aéroport mais Jelena nous attendait à la sortie des passagers et tout fut réglé en quelques minutes.

Initiée au voyage en mode totale impro par mon amie MPi au Vietnam, j’avais juste pensé dessiner un triangle entre les Bouches de Kotor sur la côte, le parc national de Durmitor près de la Bosnie et le lac de Skadar à la frontière albanaise (cf. la carte en fin d’article).

Jour 1

Prise de la voiture à l’aéroport de Podgorica (prononcez Podgoritsa) vers 16h et route en direction de Kotor, où j’avais réservé la veille une chambre chez l’habitant (à Prcanj). Arrêt face à l’île « carte postale » de Sveti Stefan (île-hôtel où la nuit se monnaie à partir de 700€). On s’en rendra compte rapidement, les adresses des chambres d’hôtes sont rarement précises. Il s’agit en fait souvent du nom de la rue, voire carrément du quartier! Et les hébergements ne sont pas mieux indiqués une fois dans la rue. A défaut d’avoir un grand sens de la déduction en observant à la loupe les photos disponibles sur Booking.com (ce qui est d’autant plus difficile une fois la nuit tombée), il faut sonner (aux portes ou au téléphone) pour trouver son hébergeur.

Notre chambre à Prcanj n’était franchement pas terrible (voire dangereuse, le chauffe-eau brinquebalant au-dessus de soi sous la douche) mais bon, à 13.50€ (pour 2), on ne va pas faire la fine bouche. D’autant plus que le lendemain au réveil, vue splendide sur la Baie de Kotor depuis la terrasse de la maison! (Et la veille, souper délicieux à la konoba Bokeski Gusti, juste au pied de la colline et en bord de mer.)

Jour 2

Visite de la vieille-ville de Kotor et de ses remparts (patrimoine mondial de l’UNESCO), balade le long de la baie jusqu’à Perast et embarquement pour un tour en bateau jusqu’à l’île Notre-Dame du Rocher (les guides de voyage disent vrai: pas la peine de chercher les bateliers, ce sont eux qui vous trouveront! Idem sur le lac de Skadar). Il fait beau et chaud (29°C), si bien qu’on pique une tête dans la baie 🙂 On est le 19 octobre et c’est encore l’été sur l’Adriatique.

Départ en fin de journée vers l’ancienne capitale royale Cetinje, en passant par la route panoramique dite Serpentine, qui traverse le parc national des Lovcen. La route était encore en cours d’aménagement et on s’est retrouvé à faire du rallye tout-terrain dans notre petite citadine de location (ici aussi, les guides de voyage disent vrai: les routes sont très étroites au Monténégro). Mais on en est venu à bout et on a pu rejoindre notre chambre à Cetinje. Celle-ci, La Vecchia Casa, je la recommande: elle est située dans une maison de maître, juste à côté de l’ancienne Ambassade de Russie. Tenue par une dame âgée (qui parle italien) et son fils (qui parle anglais) mais qui ne résident pas sur place, elle est spacieuse, chauffée et vraiment très typique. Nous avons payé plus cher mais le petit-déjeuner est inclus et nous étions seules dans toute la maison…

Jour 3

Après une jolie visite de Cetinje by night, nous en refaisons un petit tour à la lueur du matin. Cetinje compte de nombreux musées et bâtiments remarquables (à commencer par toutes les anciennes ambassades) mais nous ne nous y attardons pas, trop pressées d’aller randonner dans le parc national de Durmitor.

Nous quittons donc Cetinje en direction de Zabljak (centre névralgique du Durmitor) en passant par le Monastère troglodyte d’Ostrog, niché à flanc de montagne. Depuis le parking, nous attaquons l’ascension des escaliers qui mènent au monastère orthodoxe, entourées de pèlerins allant pieds nus. Sur le parvis du monastère, nous observons des autocars entiers de fidèles venus passer la nuit sur place, sur des matelas de fortune posés à même le dallage. Là, nous intégrons -à tout hasard- une file de croyants qui attendent pour pénétrer dans une mystérieuse salle, mais nous finissons par réaliser quel est le code en vigueur: les uns après les autres, les gens se signent, embrassent le linteau de la porte basse, entrent prier (des reliques apparemment) puis ressortent à reculons. Bien qu’impies toutes les deux, on veut bien se signer, mais embrasser une pierre après des centaines d’autres lèvres, bof bof… On s’extrait aussi discrètement que possible de la file (càd… pas du tout), juste au moment où ça allait être notre tour. Et on reprend la route.

Arrivées à Zabljak, on reprend nos quartiers chez l’habitant, en l’occurence chez un couple aussi charmant que prévenant (Rooms Skorpijon). Le mari, alpiniste, nous montre ses incroyables et alléchantes photos de randonnées dans la montagne, tandis que son épouse nous gave de cakes aux pommes faits maison. Mais les sommets ont la tête dans les nuages. Il fait gris, humide et très froid (5°C… après les 29°C de la veille, c’est un peu dur). Quelques petites courses en ville, un souper au milieu des locaux (tout au long de notre séjour, on a souvent été les uniques touristes à table et même les seules femmes!) à l’auberge de montagne typique Izvor. Pour 17€ (de mémoire) soit 8.50€/personne: 1kg de truites préparées, une bouteille de vin (les bouteilles font ici 1 litre) et de l’eau pétillante.

Jour 4

Au réveil, on espère que les nuages s’en seront allés mais il n’en est rien. Pire: il pleut maintenant! Tant pis, on va quand même tenter une rando autour du lac noir (Crno Jezero). Il fait vraiment un temps désolant mais on voit bien qu’en été, c’est le paradis du rafting et du canyoning dans la rivière Tara! Les infrastructures hôtelières sont légion et le parc national (du moins ce que l’on peut en apercevoir) est magnifique. Mais au bout de trois ou quatre heures de marche dans le sous-bois (gamelle incluse pour moi, comme d’habitude…), on est gelée jusqu’aux os et on déclare forfait. Retour à la chambre pour s’ébouillanter sous la douche. Cette fois, on soupe à l’auberge Krcma Nostalgija (intérieur bois et nappes vichy, qui contraste un tantinet avec l’allure patibulaire des hommes présents), en centre-ville.

durmitor 6

durmitor 1

durmitor 2

durmitor 3

durmitor 4

durmitor 5

Jour 5

On abandonne à regret le Durmitor et on descend vers le lac de Skadar, qui, en forme de dauphin, incarne la frontière avec l’Albanie. Les couleurs d’automne au milieu de nulle part sont époustouflantes et on croise à peine une demi-douzaine de voitures sur une centaine de kilomètres. Rebelote, on loge chez l’habitant dans le petit village de Godinje. L’hébergement est extrêmement bien coté sur Booking.com, la région aussi, on décide tout de go d’y passer deux nuits. Mais mauvaise surprise lorsqu’on arrive dans la maison. Le vieil homme est gentil mais il ne parle pas un mot d’anglais (voire ne parle pas tout court), l’eau chaude et l’électricité semblent être en option, les verrous et le chauffage le sont incontestablement. Le tout alors que le prix est tout sauf modique, comparé à celui de nos précédents logements. Bref, c’est la douche froide, on hésite entre en rire et repartir. On coupe donc la poire en deux: on en rit, mais on n’y passera pas deux nuits! On explique tant bien que mal au monsieur qu’on partira finalement dès le lendemain. De toute façon, après une balade d’une heure en bateau sur le lac et une autre à pied, on a comme fait le tour du coin.

traversée 3

traversée 1

traversée 2

traversée 4
Traversée du pays du Nord-Ouest au Sud-Est

Jours 6 et 7

On roule le long du lac Skadar jusqu’à la frontière terrestre avec l’Albanie, puis on redescend sur la côte Adriatique. On fait un arrêt à la station touristique d’Ulcinj, très prisée des touristes albanais, mais c’est un peu la consternation. On dirait la Costa Brava, en pire. L’urbanisation est à pleurer. Ce n’est qu’hôtels, boutiques, bars et discothèques. Vu l’expérience de la veille, tant pis, on casse la tirelire et on décide de se payer un hôtel 3* pour les deux dernières nuits, l’Hôtel Danica à Petrovac Na Moru, adorable petite station balnéaire familiale. L’endroit est très touristique mais en cette fin octobre, les foules ne se bousculent pas. On passe ainsi ces deux derniers jours à et autour de la plage. Notamment celle de Buljarica, longue de deux kilomètres et pas encore urbanisée (un must sur la côte!), à laquelle on accède via un sentier un peu secret ^^ dans les pinèdes. Le soleil brille mais le vent souffle froid. Lecture et farniente, entrecoupés de l’une ou l’autre baignade intrépide (ça caille sévère). Remise de la voiture à Podgorica (aucun souci à signaler) et vol retour vers Charleroi.

Considérations générales:

  • Le Monténégro utilise l’euro mais ne fait pas partie de l’UE ni de l’espace Schengen. Conséquences: tarifs de roaming exorbitants (15€/Mo)! Et vu la galère pour trouver certaines adresses avec le GPS, plusieurs connexions à Google Maps (et plusieurs appels sur des GSM monténégrins, cf. supra) ont annihilé les économies réalisées en logeant chez l’habitant! Un conseil: négociez un tarif temporaire avec votre opérateur avant le départ.
  • Quand Jelena (de Kombo Rent A Car) m’a demandé si l’on comptait sortir des frontières, j’ai répondu « non », comme une évidence. Erreur… Une semaine au Monténégro à la mi-saison (càd ni vraiment à la plage -trop froid- ni vraiment à la montagne -trop humide-), c’est un peu longuet… En effet, le pays fait 13.800 km², soit à peine l’équivalent de la Flandre (les attractions culturelles en moins). Solution: pousser jusque dans les pays voisins (Croatie, Bosnie-Herzégovine, Serbie, Kosovo, Albanie – se renseigner sur les conditions en matière de visa) et/ou prévoir des activités de repli en cas de mauvais temps.
  • Les citoyens européens peuvent se rendre au Monténégro munis d’une simple carte d’identité. En ce qui concerne le permis de conduire, les sources divergeaient; donc, par souci de prudence, je suis allée renouveler mon permis de conduire international (au prix de moult démêlés avec mon Administration communale). Très inutilement, comme j’ai pu le constater…
  • Les contrôles de police sont très nombreux le long des routes, particulièrement autour de la capitale et près de la frontière albanaise. Nous nous sommes fait arrêter au moins trois fois mais il nous a suffi de bredouiller un très délié « Erf… tourists… English?! » assorti d’un sourire désolé et on nous priait de circuler. (Je soupçonne le niveau d’anglais des policiers d’y être pour quelque chose…)
  • Les touristes ou leurs hôteliers doivent déclarer le séjour aux autorités endéans les 48 heures. Nous avons tenté de le faire nous-mêmes à Kotor (notre premier hébergeur nous ayant prétendu mordicus ce que ce n’était pas nécessaire) mais nous n’y sommes pas parvenu, faute de connaître son nom de famille. En fait, beaucoup de chambres d’hôtes ne sont pas (complètement) déclarées. Au total, deux de nos hébergeurs n’ont pas déclaré notre séjour chez eux mais nous n’avons eu aucun ennui à la douane (j’ai stressé pour rien).
  • La nature monténégrine est magnifique mais la gestion des déchets laisse à désirer…
  • Comme mentionné plus haut, nous avons vu peu de femmes dans l’espace public (particulièrement en terrasse). Des hommes, seuls, en groupe ou avec enfants, mais pas de femmes… Ça peut parfois être intimidant pour des voyageuses (même si aucun ne nous a jamais regardées de travers!)
  • carte
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