Monténégro

Tout d’abord, pourquoi le Monténégro? C’est un peu bête à dire, mais ce nom sonnait exotique à mon oreille et le billet d’avion (Ryanair) Charleroi-Podgorica était à 55€ A/R… Mais que voir et que faire dans les Balkans, terra incognita du tourisme de masse?

Pour commencer, il faut louer une voiture sur place (à moins que vous ne soyez disposé à vous enfiler 2.000 km en y allant par la route)… J’ai choisi l’agence monténégrine (j’essaie toujours de privilégier les agences locales plutôt que les multinationales) Kombo Car. Nous avons déboursé 155€, plus 60€ pour le GPS, moins la ristourne de 10% négociée par la blogueuse Anne-Laure sur son propre blog (merci à elle! 🙂 ), soit moins de 200€ la semaine pour 2 conducteurs(trices en l’occurrence). L’agence n’a pas de bureau à l’aéroport mais Jelena nous attendait à la sortie des passagers et tout fut réglé en quelques minutes.

Initiée au voyage en mode totale impro par mon amie MPi au Vietnam, j’avais juste pensé dessiner un triangle entre les Bouches de Kotor sur la côte, le parc national de Durmitor près de la frontière avec la Bosnie et le lac de Skadar à la frontière albanaise (voir la carte en fin d’article).

Jour 1

Prise de la voiture à l’aéroport de Podgorica (prononcez Podgoritsa) vers 16h et direction Kotor, où j’avais réservé la veille une chambre chez l’habitant, dans le hameau de Prcanj. Courte escale face à l’île « carte postale » de Sveti Stefan (île-hôtel où la nuit se monnaie à partir de 700€, excusez du peu !). Première constatation: les adresses des chambres d’hôtes sont rarement précises. Il s’agit en fait souvent du nom de la rue, voire carrément du quartier! Et les hébergements ne sont pas mieux indiqués une fois qu’on se trouve dans la bonne rue. A défaut d’avoir un sens de la déduction surdéveloppé et d’observer à la loupe les quelques photos de l’hébergement réservé sur Booking.com (ce qui devient d’autant moins évident une fois la nuit tombée), il faut sonner, aux portes ou au téléphone, pour trouver son hébergeur.

Notre chambre à Prcanj n’était franchement pas terrible (voire dangereuse, le chauffe-eau brinquebalant au-dessus de soi dans la douche) mais bon, à 13.50€ la nuit (pour 2), on ne va pas chicaner… D’autant plus que le lendemain au réveil, vue splendide sur la Baie de Kotor depuis la terrasse de la maison.

Jour 2

Visite de la vieille-ville de Kotor et de ses remparts (patrimoine mondial UNESCO), balade le long de la baie jusqu’à Perast et embarquement pour un tour en bateau jusqu’à l’île Notre-Dame du Rocher (les guides de voyage disent vrai: pas la peine de chercher les bateliers, ce sont eux qui vous trouveront! Idem sur le lac de Skadar). Il fait beau et chaud (29°C), largement de quoi piquer une tête dans la baie 🙂 On est le 19 octobre et c’est plein été sur l’Adriatique.

Départ en fin de journée vers l’ancienne capitale royale Cetinje, en passant par la route panoramique dite Serpentine, qui traverse le parc national des Lovcen. La route était encore en cours d’aménagement et on s’est retrouvée à faire du rallye tout-terrain dans notre (micro)citadine… A Cetinje, nous avons logé à La Vecchia Casa, une maison de maître, juste à côté de l’ancienne Ambassade de Russie. Tenue par une dame âgée (qui parle italien) et son fils (qui parle anglais) mais qui ne résident pas sur place, elle est un peu plus chère que la moyenne, mais spacieuse, chauffée, vraiment typique et petit-déjeuner inclus.

Jour 3

Après une jolie visite de Cetinje by night, nous en refaisons un petit tour à la lueur du matin. La ville compte de nombreux musées et bâtiments remarquables (à commencer par toutes les anciennes ambassades) mais nous ne nous y attardons pas, trop pressées que nous sommes d’aller randonner dans le parc national de Durmitor.

Nous quittons donc Cetinje en direction de Zabljak (centre névralgique du Durmitor) en passant par le Monastère troglodyte d’Ostrog, niché à flanc de montagne. Depuis le parking (gratuit) en contrebas, nous attaquons l’ascension des escaliers qui mènent au monastère orthodoxe, entourées de pèlerins pénitents allant nus pieds (je ne vous raconte pas les marches tranchantes et la caillasse ! Faut avoir beaucoup à expier…). Sur le parvis du monastère (l’un des plus visités des Balkans), des autocars entiers de fidèles venus passer la nuit sur place, sur des matelas de fortune posés à même le dallage. En effet, les reliques de Saint-Basile d’Ostrog conservées dans la chapelle sont la promesse de guérisons miraculeuses.

Arrivées à Zabljak, on prend nos quartiers chez un couple tout charmant (Rooms Skorpijon). Le mari, alpiniste, nous montre sa collection de splendides photos de randonnées dans la montagne, tandis que son épouse nous gave de pâtisseries maison. Malgré tout, c’est la grosse déception: les sommets ont la tête dans les nuages, il fait gris, humide et très froid: 5°C… Après les 29°C de la veille, c’est rude ! Souper au milieu des locaux à l’auberge de montagne Izvor. C’est toujours une sensation délicieusement étrange d’entendre les mouches voler lorsqu’on s’immisce dans un lieu où il n’y a aucun étranger (on est loin des réfectoires à touristes dont grouille la rue des Bouchers à Bruxelles…).

Jour 4

Et voilà qu’il pleut en prime, maintenant! Tant pis, on va quand même tenter une rando autour du lac noir (Crno Jezero). En dépit de ce ciel désolant, on sent bien qu’en été, c’est le paradis du rafting et du canyoning dans la rivière Tara. Les infrastructures hôtelières sont légion et le parc national (du moins le peu qu’on en aperçoit) est magnifique. Mais au bout de 3-4 heures de marche dans les sous-bois (gamelle incluse pour moi, comme d’habitude…), gelées jusqu’aux os, on déclare forfait. Retour à la chambre pour une séance d’ébouillantage. Souper à l’auberge Krcma Nostalgijan, en centre-ville: intérieur bois et nappes vichy, qui contraste un tantinet avec l’allure patibulaire des hommes attablés (à noter qu’on n’a jamais croisé aucune femme dans les cafés/restos/bars).

durmitor 6

durmitor 1

durmitor 2

durmitor 3

durmitor 4

durmitor 5

Jour 5

On abandonne, à grand regret, le Durmitor et on descend vers le lac de Skadar, dont la forme de dauphin incarne la frontière avec l’Albanie. Les couleurs d’automne au milieu de la pampa sont époustouflantes et on croise à peine 3 pelés et 1 tondu sur une centaine kilomètres. Rebelote, on loge chez l’habitant dans le petit village de Godinje. L’hébergement, tout comme la région, étant extrêmement bien coté sur Booking.com, on se lâche et on réserve 2 nuits direct. Surprise : le vieil homme ne parle pas (un mot d’anglais), l’eau chaude et l’électricité semblent être en option, tandis que les verrous et le chauffage le sont incontestablement. On est roulée de rire (jaune) toute la nuit vu la situation, mais le lendemain, on change tout de même de crèmerie. De toute façon, après une balade d’une heure en bateau sur le lac et une autre à pied, on a comme fait le tour du coin.

traversée 3

traversée 1

traversée 2

traversée 4
Traversée du pays du Nord-Ouest au Sud-Est

Jours 6 et 7

On roule le long du lac Skadar jusqu’à la frontière terrestre avec l’Albanie, puis on redescend sur la côte Adriatique. On fait un arrêt à la station touristique d’Ulcinj, très prisée des touristes albanais et c’est la consternation: on dirait la Costa Brava, en pire. L’urbanisation est à pleurer: ce n’est qu’hôtels, boutiques, bars et discothèques. Vu l’expérience de la veille, tant pis, on casse la tirelire et on s’offre l’hôtel. L’heureux élu: l’Hôtel Danica à Petrovac Na Moru, adorable petite station balnéaire familiale. L’endroit est très touristique mais en cette fin octobre, les foules ne se bousculent plus. On passe ainsi ces 2 derniers jours à et autour de la plage, notamment celle de Buljarica, longue de 2 km et pas encore urbanisée (un vestige sur la côte !), à laquelle on accède par un sentier un peu confidentiel à travers les pinèdes. Le soleil brille mais le vent est glacial. Lecture et farniente, entrecoupés de l’une ou l’autre baignade intrépide (ça caille sévère). Remise de la voiture à l’agence à l’aéroport de Podgorica (aucun souci à signaler) et vol retour vers Charleroi.

Quelques considérations :

  • Le Monténégro utilise l’euro mais ne fait pas partie de l’UE ni de l’espace Schengen. Conséquences: tarifs de roaming exorbitants (15€/Mo)! Et vu la galère pour trouver certaines adresses avec le GPS, plusieurs connexions à Google Maps (et plusieurs appels sur des GSM monténégrins, cf. supra) ont annihilé les économies réalisées en logeant chez l’habitant. Un conseil: négociez un tarif temporaire avec votre opérateur avant le départ.
  • Quand Jelena (de Kombo Rent A Car) m’a demandé si on comptait sortir des frontières, j’ai répondu que non, comme une évidence. Erreur… Une semaine au Monténégro à la mi-saison (c-à-d un fifrelin trop froid pour la plage et un chouïa trop humide pour la montagne), c’est un peu longuet… En effet, le pays fait 13.800 km², soit à peine l’équivalent de la Flandre, les attractions culturelles en moins. Solution: pousser jusque dans les pays voisins: Croatie (Kotor-Dubrovnik, c’est 100 km), Bosnie-Herzégovine, Serbie, Kosovo, Albanie. Se renseigner sur les conditions en matière de visa et/ou prévoir des activités de repli en cas de mauvais temps.
  • Les citoyens européens peuvent se rendre au Monténégro munis d’une simple carte d’identité. En ce qui concerne le permis de conduire, les sources divergeaient; aussi, par souci de prudence, je suis allée renouveler mon permis de conduire international (au prix de moult démêlés avec mon Administration communale ; me voilà sur la liste noire du Service des permis de conduire pour les dix prochaines années. Au moins.). Très inutilement, comme j’ai pu le constater…
  • Les contrôles de police sont très nombreux le long des routes, particulièrement autour de la capitale et près de la frontière albanaise. Nous nous sommes fait arrêter au moins 3 fois mais il nous a suffi de bredouiller un très délié « Erf… tourists… English?! » assorti d’un sourire désolé et l’agent nous priait de circuler. (Je soupçonne son niveau d’anglais d’y être pour quelque chose…)
  • Les touristes ou leurs hôteliers doivent déclarer leur séjour aux autorités endéans les 48 heures. Nous avons tenté de le faire nous-mêmes à Kotor (notre premier hébergeur nous ayant prétendu mordicus ce que ce n’était pas nécessaire) mais nous ignorions son nom de famille. En fait, beaucoup de chambres d’hôtes ne sont pas (complètement) déclarées. Au total, deux de nos hébergeurs n’ont pas déclaré notre séjour chez eux mais nous n’avons eu aucun ennui à la douane (je nous voyais déjà au cachot, en mode Bridget Jones dans les geôles thaïlandaises).
  • La nature monténégrine est magnifique mais la gestion des déchets laisse franchement à désirer…
  • Comme mentionné plus haut, nous avons vu peu de femmes dans l’espace public (particulièrement en terrasse). Des hommes (seuls, en groupe ou avec enfants) mais pas de femmes… Ça peut parfois être intimidant pour des voyageuses, même si personne ne nous a jamais regardées de travers.
  • carte
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2 réflexions sur “Monténégro

  1. Dorlipo Adele 5 mai 2019 / 19 h 09 min

    Bonjour,

    J’ai loué également une voiture avec Kombo Car pour ce mois d’aout.

    Je la récupère à Kotor mais j’avoue que je m’inquiète parce que j’ai demandé où nous récupérions la voiture exactement et on m’a répondu en gros par un mail qui voulait dire « t’inquiète pas on te donneras les infos en temps voulu, a plus »…

    Vous n’avez eu aucun soucis avec cette agence ? Ils vous ont bien transmis toutes les informations en amont ?

    Merci à vous,

    J'aime

    • agoraliz 24 juillet 2019 / 12 h 26 min

      Bonjour,
      J’avais reçu un email de la part d’une personne de l’agence la veille de notre arrivée me prévenant qu’elle nous attendrait dans l’aéroport (hall des arrivées) avec un petit panneau à mon nom. Et effectivement 🙂

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