Québec

Le Québec : en hiver et sans voiture (février 2016 et 2019)

bsp

Prologue

La première fois que j’ai entendu l’accent québécois en vrai, c’était au bureau. Moi, nouvelle recrue. Elle, nouvelle stagiaire. On n’est pas resté collègues très longtemps, mais on est devenue amies pour de bon. Pendant les 5 années qui ont suivi, on a citytripé à travers l’Europe (Lyon, Milan, Florence, Istanbul). Jusqu’à son retour au pays des caribous, c’est même elle qui m’a fait découvrir tous les coins et recoins sympas de Bruxelles ! Elle, c’est Emma. Originaire de Montréal, elle y est retournée définitivement (?) en septembre 2015. Six mois plus tard, je posais mon premier orteil en Amérique du Nord, pralines et spéculoos sous le bras.

Cela fait donc un sérieux moment que je dois absolument rédiger cet article sur cet épique premier voyage au Québec par -25 °C. Maudite procrastination. D’autant plus que je n’allais JAMAIS retourner au Québec en hiver : trop de neige, trop froid (mais genre, vraiment ; j’ai fait de l’urticaire au froid). « Sans blague! », me direz-vous… Et puis BIIIM, j’ai été victime du Black Friday et des promos d’Air Canada. Me voilà donc bonne pour un nouvel affrontement avec les frimas de l’hiver canadien, toujours en février, 3 ans plus tard…

Avant de partir de BRU

Pour le Canada, il faut un passeport en cours de validité ET un visa: l’Autorisation de voyage électronique (AVE) ou Electronic Travel Authorization (eTA), qui coûte 7 CAD (~5€). Méfiez-vous des intermédiaires qui pullulent sur Google et vous facturent des 35 USD ! Le site officiel du Gouvernement canadien auprès duquel solliciter votre AVE se trouve ici.

Autre avertissement : Air Canada a emboîté le pas aux compagnies low cost et n’inclut plus de bagages en soute dans le prix du billet d’avion. Si, comme moi, vous vous en apercevez au moment de l’enregistrement en ligne, vous devrez débourser 50€ de supplément bagage par vol. Adieu, ma bonne affaire du Black Friday… 😦

Décollage de Bruxelles à 10h du matin. Pour éviter à une âme charitable de devoir me déposer à l’aéroport en pleine heure de pointe, j’ai pris le train (avec la redevance Diabolo, comme expliqué dans mon article sur les trajets de et vers les aéroports de Bruxelles et de Charleroi).

À l’arrivée à YUL

Pour quitter l’aéroport P.-E. Trudeau, vous devrez immanquablement passer par la douane. Vous ferez la file pour encoder vos données biométriques dans une machine. Ça peut sembler impressionnant, mais ça va relativement vite et un accompagnateur est présent en cas de problème. Une fois cette formalité remplie, vous serez interrogé(e) par un agent de l’immigration (aussi aimable que le lui permet sa fonction) qui vous aboiera demandera en gros pourquoi vous venez, pour combien de temps et où vous comptez aller.

Une fois vos bagages récupérés, prenez le bus 747 pour Sydney Montréal. Le trajet coûte 10 CAD (tickets en vente dans les automates du terminal des arrivées ou directement auprès du chauffeur, mais avec le compte exact en mitraille) et vous permet de rejoindre le centre-ville en une petite heure. Mieux, cette même carte vous donne un accès illimité au réseau bus+métro de Montréal pour toute la journée. Si vous comptez rester plus longtemps à Montréal, vous pourrez acheter aux guichets ou aux automates de n’importe quelle station d’autres titres de transport, par exemple pour 3 jours consécutifs* (~13€), le weekend (~9,50€) ou la semaine (~18€). Toutes les informations et le plan du métro de Montréal ici.

*et non pas 72 heures ; la validité expirant à 23h59 le 3ème jour.

Que faire/voir à Montréal

  • Le B.A.-Ba, c’est bien sûr de flâner dans le Vieux-Montréal (Hôtel de Ville, Vieux-Port, Basilique Notre-Dame, Place Jacques-Cartier, Place d’Armes…). La Ville propose d’ailleurs quelques idées de circuits pédestres.
  • Pour le coup, je n’en ai pas eu besoin mais le système des Free Walking Tours que j’affectionne habituellement en citytrip existe aussi à Montréal… mais rien qu’en anglais (ce qui peut tout de même s’avérer pratique si vous voyagez avec des non francophones).
  • Montréal offre de nombreux musées et attractions de grande qualité (mais assez chers : souvent > 10€ par adulte) :
  • Baladez-vous au Mont-Royal (attention, ça grimpe ! Emportez vos crampons et/ou des bâtons de marche en cas de glace) et admirez le panorama sur les gratte-ciels et sur la plaine du Saint-Laurent. montréal montroyal
  • Si comme moi, vous êtes un(e) barje fan de cimetières, perdez-vous dans celui de Notre-Dame-des-Neiges (138 ha), le plus vaste cimetière du Canada et le 3ème plus important d’Amérique du Nord (1 million de catholiques y reposent ; les protestants résidant dans le cimetière Mont-Royal voisin). Ceci dit, évitez le plein blizzard…
  • Si la météo vous fait défaut, réfugiez-vous dans le fameux Montréal souterrain, le plus grand complexe souterrain au monde, immense réseau de galeries et de centres commerciaux qui relient entre elles une dizaine de stations de métro. (Perso, pas moyen de suivre ces fichus panneaux RÉSO, je deviens dingue à chaque fois…) réso
  • Montréal est une ville qui bouge ; à chaque période de l’année, son événement culturel ! En février par exemple, c’est Montréal en Lumière, l’un des plus gros festivals d’hiver au monde.
  • Véritable must à faire à la tombée du jour, au plus profond de l’hiver québécois : le Bota Bota, spa-sur-l’eau, bateau immobilisé dans le Vieux-Port de Montréal reconverti en spa, avec vue sur la skyline de la ville (bon, c’est sûrement le top en toutes saisons, mais le charme du port pris dans les glaces et des cheveux qui gèlent alors qu’on mijote dans le bouillon sont incomparables !).
  • En 2016, j’ai fait le marathon des musées. En 2019, je l’ai jouée plus chill. Un petit cinéma de quartier par-ci, une manucure vegan par-là… Avec Emma, on est même allée se faire quelques longueurs vespérales à la piscine du Parc olympique (~5€) en pleine tempête de neige. Bref, Montréal est une métropole vivante de 1,7 million d’habitants (4,2 millions pour l’aire urbaine), qui offre toutes les activités possibles et imaginables qu’implique son statut de 2ème ville la plus peuplée du Canada (N.B.: 2ème ville francophone la plus peuplée au monde, après Paris).

Où manger/boire un verre à Montréal

Montréal regorge évidemment de cafés/bistros/restos plus sympas et alléchants les uns que les autres. Je n’aurai pas la prétention ici de jouer les critiques gastronomiques. Je reprendrai juste quelques endroits qu’Emma m’a fait découvrir et dont je me rappelle le nom (ça filtre déjà pas mal) :

  • La chaîne végane Aux Vivres (restaurants et épiceries) – un choix fabuleux !
  • Le resto panoramique Les Enfants terribles au sommet de la Place Ville-Marie (au 46ème étage, vue imprenable sur toute la région !)
  • Les cafés-restos Pastel Rita et Les Oubliettes (quartier Rosemont)
  • Le resto végétar/lien LOV (on est allée à celui de McGill)
  • Darna Bistroquet – cuisine fusion d’inspiration franco-marocaine (je n’ai pas pu le tester vu qu’il vient seulement d’ouvrir, mais c’est le resto du frère et de la belle-sœur d’une amie, et il est chaudement recommandé par La Presse et sur d’autres sites web, alors je le mets aussi 🙂 )

Où aller depuis Montréal ?

La gare d’autocars de Montréal est située à la station de métro Berri-UQAM. Différentes compagnies peuvent vous emmener un peu partout au Québec et bien au-delà. Je ne décrirai ci-dessous que les escapades que j’ai expérimentées.

QUÉBEC : avec Orléans Express, vous rejoindrez la capitale provinciale en 3h15 (àpd ~17€ par trajet). Parmi les immanquables à faire : le Vieux-Québec (patrimoine UNESCO) avec le Château (hôtel) Frontenac et la terrasse Dufferin, le Musée de la Civilisation et le Musée de l’Amérique francophone, le Musée naval de Québec, l’Hôtel du Parlement, etc. Un restaurant panoramique et insolite : Ciel ! Bistro bar tournant.

BAIE-SAINT-PAUL : même compagnie, comptez 5 heures de trajet (et plutôt ~55€) pour rejoindre cette charmante petite station balnéaire, nichée au confluent de la rivière du Gouffre et du fleuve Saint-Laurent, face à l’île aux Coudres. Outre sa paisible baie, la ville est connue pour sa pléthore de galeries d’art rue Saint-Jean-Baptiste et pour le cratère météoritique de Charlevoix. À faire : se promener dans le parc du Gouffre (j’ai pu le faire en raquettes, gentiment prêtées par la maman d’Emma) et le spa (encore un, oui ^^ on n’a que le bien qu’on se fait!) de l’hôtel Le Germain (~35€ ou ~20€ àpd 17h).

OTTAWA : avec Greyhound, le trajet dure 2h30-3h (àpd ~17€). Attraction immanquable de la capitale fédérale : la visite du Parlement du Canada (Sénat, Chambre des Communes, Édifice de l’Est, Édifice du Centre), dont l’accès est gratuit mais limité, d’où la nécessité de réserver votre tranche horaire en ligne. Attention : les sacs à dos sont interdits et il n’y a pas de consigne. Bien que la ville soit officiellement bilingue, les free walking tours ne se donnent apparemment, là aussi, qu’en anglais. Ottawa est également connue pour son Canal Rideau (patrimoine UNESCO) qui relie la rivière des Outaouais au Lac Ontario et qui, en hiver, devient la plus grande patinoire du monde ; son important festival des tulipes (en mémoire de la libération des Pays-Bas par les troupes canadiennes) au mois de mai, ses nombreux musées (Musée des Beaux-Arts du Canada, Musée canadien de la Guerre, Musée des Sciences et de la Technologie du Canada, Musée de l’Aviation et de l’Espace du Canada, Musée canadien de la Nature,…) ; etc. Mais pour visiter LE musée le plus populaire de tout le pays, à savoir le Musée canadien de l’Histoire (~13,50€, gratuit le jeudi soir), vous devrez retourner au Québec, en traversant la rivière vers Gatineau. Empruntez pour ce faire le Pont Royal Interprovincial Alexandra, historique pont à poutres cantilever (1901), avant sa démolition annoncée d’ici 5 à 10 ans. Un hébergement insolite sympa à Ottawa : HI Ottawa Jail, ancienne prison reconvertie en auberge de jeunesse, où l’on peut donc passer la nuit en cellule de 3m². Pour casser la croûte, une chouette enseigne à Ottawa : The Scone Witch.

LANAUDIÈRE : Pour une sortie à la campagne, l’agence Bonjour Nature vous emmène faire tout un tas d’excursions d’une journée dans la région de Lanaudière. Nous avons testé (je dirais même essuyé les plâtres 😉 ) « Monte-à-Raquette » dans le Parc des Chutes de Monte-à-Peine-et-des-Dalles (~95€/pers.), avec pour guide un chasseur-cueilleur-trappeur qui connaît la forêt comme sa poche. Départ depuis et retour à Montréal (choix entre 4 points de rendez-vous ; le chauffeur a même eu la gentillesse de nous ramener au coin de notre rue). Sur la route, escale à Rawdon pour admirer les chutes de Dorwin et embarquer les pique-nique. Résultat des courses: une douzaine de km en raquettes (et aucune chute à mon actif !) par -19°C (ressenti -24°C) mais sous le soleil. Extra!lanaudic3a8re1.jpglanaudière4lanaudière6rawndon2

Pour en revenir au Québec (et boucler cet article), quelques spécialités typiques et autres perles gustatives québécoises : la poutine, bien sûr ; le pouding-chômeur (héritage de la crise de 1929) ; les pets-de-sœurs ; la tire d’érable dans les cabanes à sucre ; la queue de castor ; le cidre de glace (gare à l’addiction…) ; le beurre de pomme, d’érable et tous les produits du terroir de l’Île d’Orléans ; la bière (si, si !) ; le thé David’s Tea (si quelqu’un peut me ramener 2-3 seaux de Bienheureux Bouddha… ^^) ; etc.

Dédicace spéciale à Emma naturellement, et également un grand merci à sa famille pour son hospitalité 🙂

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